
Vous envisagez de quitter votre entreprise et vous vous demandez quand en parler à votre employeur ?
Le bon moment n’est pas nécessairement le plus tôt possible.
Dans certaines situations, ouvrir rapidement la discussion permettra de clarifier les intentions de chacun et d’avancer vers une solution.
Dans d’autres, annoncer trop tôt son souhait de partir peut modifier la position du salarié dans la négociation.
Avant d’aborder le sujet, il est donc utile de se demander non seulement ce que l’on souhaite obtenir, mais aussi à quel moment et de quelle manière il est opportun de le demander.
Vouloir partir ne signifie pas qu’il faut l’annoncer immédiatement.
1. Il n’existe pas de « bon moment » valable pour toutes les situations
Prenons deux exemples.
Situation n°1
Votre employeur vous a récemment fait comprendre que votre avenir dans l’entreprise était incertain.
Une réorganisation est en cours, vos fonctions pourraient évoluer et votre manager évoque lui-même la possibilité d’un départ.
Dans ce contexte, le dialogue est déjà ouvert.
Si vous êtes également disposé à envisager une sortie, il peut être pertinent de saisir cette occasion pour engager la discussion et chercher à organiser les conditions du départ.
Situation n°2
Vous souhaitez quitter votre entreprise depuis plusieurs mois.
Votre employeur, de son côté, n’en sait rien et n’a manifesté aucune volonté de se séparer de vous.
Dans le même temps, certaines difficultés apparaissent : vos responsabilités évoluent, votre rémunération variable fait l’objet de discussions ou une réorganisation commence à affecter votre poste.
Annoncer immédiatement « de toute façon, je souhaite partir » peut changer la manière dont l’entreprise appréhendera ensuite la situation.
Cela ne signifie pas qu’il faut dissimuler indéfiniment son projet ou chercher artificiellement à créer un rapport de force.
Mais il peut être utile de comprendre ce qui se joue avant de dévoiler sa position.
En négociation, le moment où l’on dévoile son objectif peut avoir autant d’importance que l’objectif lui-même.
2. Avant d’ouvrir la discussion, savoir où l’on en est :
Attendre ne signifie pas nécessairement ne rien faire.
Ce temps peut permettre de clarifier sa situation et de préparer la discussion.
L’entreprise a-t-elle elle-même intérêt à votre départ ?
Votre situation est-elle susceptible d’évoluer dans les prochaines semaines ?
Disposez-vous de tous les éléments nécessaires pour comprendre votre position ?
Savez-vous précisément ce que vous souhaitez proposer ou demander ?
La discussion est-elle déjà engagée, même de manière informelle ?
L’objectif n’est pas d’attendre systématiquement.
Il est de choisir le moment où la discussion a le plus de chances d’être utile.
3. Le moment compte, mais la manière aussi
La question n’est pas seulement « quand en parler ? ».
Il faut également se demander « comment ? ».
Évoquer spontanément son souhait de partir à la fin d’un entretien avec son manager, adresser une demande écrite de rupture conventionnelle ou présenter une proposition construite ne sont pas nécessairement des démarches équivalentes.
Avant d’agir, il peut notamment être utile de déterminer :
À qui souhaitez-vous vous adresser ?
Votre manager ? Les ressources humaines ? La direction ?
Quel message souhaitez-vous faire passer ?
Souhaitez-vous simplement ouvrir la discussion ou présenter déjà une proposition ?
Faut-il formaliser immédiatement votre demande par écrit ?
Souhaitez-vous mener vous-même les premiers échanges ou être accompagné ?
La bonne approche dépend là encore de la situation et de l’état de la relation avec l’entreprise.
4. Préparer une négociation ne signifie pas créer un conflit
Prendre le temps de réfléchir au moment et à la manière d’aborder son départ ne signifie pas nécessairement adopter une posture conflictuelle.
C’est même souvent l’inverse.
Une discussion préparée permet de savoir ce que l’on souhaite obtenir, ce que l’on est prêt à accepter et la manière dont on veut présenter les choses.
Elle permet aussi d’éviter certaines prises de position trop rapides qu’il peut ensuite être difficile de corriger.
Préparer la discussion, ce n’est pas préparer le conflit. C’est éviter d’avancer sans stratégie.
Avant d’en parler : faire le point
Une négociation de départ commence souvent avant même que le mot « négociation » ne soit prononcé.
Il n’existe pas de moment idéal applicable à toutes les situations.
Dans certains dossiers, il faut ouvrir la discussion rapidement. Dans d’autres, quelques jours ou quelques semaines permettront de mieux comprendre la situation et de préparer sa position.
L’essentiel est de ne pas agir par automatisme.
La question n’est donc pas seulement : « Suis-je prêt à partir ? »
Mais également :
« Est-ce le bon moment et la bonne manière pour en parler ? »
Vous envisagez un départ mais hésitez sur la manière d’ouvrir la discussion ?
Un premier échange peut permettre de déterminer si votre situation nécessite une analyse plus approfondie avant de vous positionner auprès de votre employeur.
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