« Combien de mois de salaire puis-je négocier ? »

C’est souvent l’une des premières questions qui se pose lorsqu’un départ de l’entreprise est envisagé.

Et c’est bien sûr une question importante.

Mais ce n’est pas nécessairement la première.

Avant de déterminer un montant, il faut comprendre le contexte du départ, la situation de chacun et surtout ce que vous souhaitez réellement obtenir de cette négociation.

Car négocier un départ ne consiste pas uniquement à fixer un nombre de mois de salaire.

Avant de négocier un montant, il faut savoir ce que l’on négocie… et pourquoi.

1. Le montant dépend d’abord du contexte

Il n’existe pas de montant qui s’appliquerait automatiquement à une négociation de départ.

L’ancienneté et la rémunération constituent évidemment des éléments importants. Mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à déterminer le résultat d’une négociation.

Il faut également regarder les circonstances dans lesquelles le départ intervient.

Qui souhaite le départ ? Existe-t-il des difficultés dans l’exécution du contrat ? Quels seraient les risques pour l’entreprise si la relation de travail devait se poursuivre ou se terminer autrement ? Quels sont, de son côté, les objectifs du salarié ?

Autrement dit, avant de se demander « combien puis-je demander ? », il faut comprendre la situation dans laquelle va s’inscrire la négociation.

2. Un accord de départ ne se résume pas à une indemnité

Le montant versé au salarié est généralement un élément central de la discussion.

Mais il n’est pas nécessairement le seul.

Selon les situations, la négociation peut également porter sur :

  • la date effective du départ ;
  • la rémunération variable ou les bonus ;
  • les congés ou jours de repos ;
  • une clause de non-concurrence ;
  • certains avantages ;
  • les conditions pratiques de la fin de la relation de travail.

Certains de ces éléments peuvent avoir autant d’importance pour le salarié que quelques semaines ou quelques mois d’indemnité supplémentaires.

Un bon accord ne se mesure pas uniquement en nombre de mois de salaire.

Il doit surtout correspondre aux priorités de celui qui le négocie.

3. À situation comparable, les objectifs peuvent être très différents

Prenons deux cadres auxquels une négociation de départ est proposée.

Situation n°1

Le premier a déjà trouvé un nouvel emploi.

Son objectif principal est de pouvoir quitter rapidement l’entreprise et rejoindre son nouvel employeur. Il souhaite également savoir ce qu’il adviendra de sa clause de non-concurrence.

Dans sa situation, la date de sortie et les conditions lui permettant de reprendre rapidement une nouvelle activité peuvent être des éléments essentiels de la négociation.

Situation n°2

Le second n’a pas encore de nouveau projet professionnel.

Après plusieurs années dans l’entreprise, il souhaite disposer de suffisamment de temps et de sécurité financière pour réfléchir à la suite de son parcours.

Son objectif sera probablement différent : le montant obtenu et les conditions financières de la transition prendront une place beaucoup plus importante.

Les deux salariés négocient leur départ.

Mais ils n’ont pas nécessairement intérêt à négocier la même chose de la même manière.

4. Définir ses priorités avant d’ouvrir la négociation

Avant de commencer à discuter avec l’employeur, il est donc utile de déterminer ce que vous attendez réellement de votre départ.

Trois questions à vous poser :

Qu’est-ce qui est essentiel pour moi ?

Qu’est-ce que je souhaiterais obtenir si la négociation le permet ?

Sur quoi suis-je prêt à transiger ?

Pour certains, la priorité sera financière.

Pour d’autres, elle sera de partir rapidement, de pouvoir reprendre immédiatement une autre activité ou de sécuriser certaines conditions particulières du départ.

Et pour beaucoup, il faudra trouver un équilibre entre plusieurs de ces objectifs.

Définir ces priorités en amont permet ensuite de savoir ce que l’on souhaite demander, mais également jusqu’où l’on est prêt à négocier.

Avant de parler chiffres, définir sa stratégie

La question du montant a toute sa place dans une négociation de départ.

Mais elle prend son sens une fois que l’on a compris le contexte dans lequel intervient le départ et défini ses propres priorités.

La question n’est donc pas seulement : « Combien puis-je obtenir ? »

Elle est aussi :

« Quelles conditions de départ ai-je réellement intérêt à négocier ? »

Vous envisagez de négocier votre départ et souhaitez déterminer vos priorités avant d’ouvrir la discussion ?

Un premier échange peut permettre de déterminer si votre situation nécessite une analyse plus approfondie et d’identifier la forme d’accompagnement la plus adaptée.

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